Published On:05-Jan-19

Parvis de l’Hôtel de ville : Les hommes de Rajoelina soufflent le chaud et le froid

Share This
TAGS

 

Au diable le droit des citoyens de manifester pour la « vérité », il ne peut y avoir rassemblement que quand Rajoelina ou du moins ses hommes de main le permettent. En effet, malgré la position permissive du ministre de la Défense et a fortiori de l’Armée, le Premier ministre et le préfet ont dicté leur fantasme au peuple.

Un jour c’est permis, le jour d’après c’est interdit. Le Premier ministre et le préfet d’Antananarivo soufflent le chaud et le froid sur le parvis de l’Hôtel de ville. Hier, « les autorités civiles » ont de nouveau interdit la manifestation sur l’ancienne place du 13 Mai. Dès le petit jour, le préfet d’Antananarivo a déployé un dispositif de sécurité impressionnant sur le parvis. Il y avait pas moins de cinq camions de l’EMMO-Reg (police, gendarme et armée confondus) qui ont occupé la place centrale devant l’Hôtel de ville, tandis que près du portail donnant sur l’avenue de l’Indépendance, il y avait trois autres camions, plus une dizaine de pick-up. C’était presque comme si le centre ville était en état de siège. D’autant plus que les éléments déployés, en tenue camouflée et armes en main, étaient outrageusement nombreux. Il y avait toute une division de pas moins de 500 hommes.

Un dispositif d’empêchement qui montre la volonté des hommes de Rajoelina de mater toute contestation par la force brutale. Forcément qu’il y a lieu d’être intimidé par un tel dispositif. Pourquoi de tels éléments armés de fusils d’assaut face à des manifestants calmes et non-agressifs ? Les manifestants en tout cas, n’ont pu se résoudre qu’à revoir la stratégie. En fin d’après-midi, ils ont décidé de se rendre à Tsimbazaza pour voir le préfet. Mais ce dernier ayant décidé de jouer les fantômes depuis le début de la crise, les manifestant sont rentrés bredouilles.

Inchangé

A noter par ailleurs que jusqu’ici, la position du ministre de la Défense nationale et a fortiori de l’Armée, reste inchangée. Le général Béni Xavier Rasolofonirina, pour rappel, a estimé que comme au mois d’avril 2018, les forces de l’ordre ne devraient pas empêcher les manifestations populaires mais plutôt quadriller la zone pour prévenir les casses et les débordements. Le général a déjà passé le mot à tous les commandements militaires. C’est ainsi dire de l’audace du préfet d’Antananarivo de contrer ouvertement le message du ministre de la Défense nationale.

Le fait témoigne en tout cas le flou qui entoure la hiérarchie militaire. Mais le fait est qu’avec Andry Rajoelina, il faut s’attendre à tout. Point n’est plus à rappeler qu’en 2009, il a ouvertement soudoyé des sous-officiers pour organiser une mutinerie militaire. C’était uniquement grâce aux sous versés à des sous-officiers qu’il a réussi son coup d’Etat. Force est ainsi de se demander si derrière cette impertinente opposition du préfet qui est un général de la Gendarmerie, il n’y aurait pas une affaire de gros sous.

                                                                                                                                                                                                 M.Tsiferana.