Published On:05-Jan-19

Observateurs électoraux nationaux : Les preuves de fraude s’empilent

Share This
TAGS

 

Hier, les associations d’observation électorale malgache à savoir KMF-Cnoe, Liberty 32 et  Justice et Paix ont effectué le rapport des observations effectuées lors du 2nd tour avec les recommandations nécessaires.

Bien que les observateurs nationaux attestent que le niveau de transparence a connu une légère hausse par rapport aux élections précédentes, force est de constater qu’il y a eu un nombre incalculable de cas suspects et de fraudes durant ce deuxième tour de scrutin. Parmi les cas suspects, il y a eu les confusions autour de la liste électorale. Dans certaines localités, on a constaté que des rajouts ont été apportés à la liste. Les observateurs opérant dans des localités définies et certainement pas dans tout Madagascar, ont pu constater que plus d’une cinquantaine de personnes ont pu être rajoutés à la liste le jour même de l’élection. Une pratique qui va au-delà de la législation électorale. D’ailleurs, les sociétés civiles malgaches ont rappelé que ni la CENI ni les membres du ministère de l’Intérieur n’avaient le droit d’interpréter comme bon leur semble, la législation électorale. Une affirmation qui est plus que véridique en ce qui concerne l’utilisation ou non des cartes électorales. Les sociétés civiles malgaches sont les premiers à avoir mis en cause, l’usage des cartes électorales durant les élections. En effet, cela engendre une dépense supplémentaire mais surtout favorise les fraudes et dévalorise la carte d’identité nationale. Malgré les plaidoyers faits par la société civile, l’utilisation de la carte électorale a été quand même marquée comme une exigence dans la loi électorale.

L’article 154 de la loi organique 2018-008 relative au régime général des élections et des referendums stipule d’ailleurs. « A son entrée dans la salle, l’électeur doit justifier de sa qualité d’électeur par la présentation de sa carte nationale d’identité et de sa carte d’électeur ». Et pourtant dans leur mission d’observation, les sociétés civiles ont pu faire le constat de 940 cas où la personne n’a pas montré de CIN, ni de passeport, ni de permis de conduire alors qu’il a pu voter et 2.360 cas où la personne a pu voter sans pour autant présenter ses papiers d’identité ni sa carte électorale, 2.360 voix attribuées à des personnes dont il n’est pas sûr de leur identité. Le deuxième tour de la présidentielle a été effectivement l’élection de toutes les possibilités et a pu montrer toute forme de fraude durant une élection. Vu les fraudes constatées par les observateurs, on ne peut que se demander de ce qui se passe dans les localités non couvertes par les observateurs et les délégués des candidats.

N.H.