Published On:05-Jan-19

La voix de son maître

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Nouveau rendez-vous pour un nouvel attroupement aujourd’hui sur l’avenue de l’indépendance à Analakely, dans le cadre du mouvement de contestation (des résultats du vote du 19 décembre dernier) initié par les partisans du candidat Marc Ravalomanana dès la publication par la Commission électorale (CENI) des résultats provisoires de l’élection présidentielle. A l’allure où évoluent les choses actuellement, ce mouvement va sans doute prendre une envergure plus grande. D’abord en termes d’affluence des gens, dans la mesure où le rendez-vous tombe le week-end, c’est-à-dire que les gens ne travaillent pas et peuvent alors se rendre dans l’endroit indiqué ; ne serait-ce que pour observer de plus près ce qui s’y passe réellement. Car il faut savoir que les organes médiatiques chargées de relayer les informations et autres renseignements recueillis sur les lieux ont leur tendance ou orientation politique respective ; autrement dit, chacun d’entre eux filtre les informations qui l’intéressent et qui méritent de faire l’objet d’une plus large diffusion auprès de la masse populaire. Bref, l’objectivité qui devrait dicter la conduite des gens de la presse notamment en période de trouble comme c’est le cas actuellement dans le pays, est loin d’être respectée…

Parlant justement de conduite journalistique en temps de crise, certains acteurs du domaine versent dans le fanatisme et adoptent ainsi une position extrémiste par rapport aux évènements à traiter. Ce qui explique en grande partie le manquement aux principes les plus élémentaires du noble métier d’informer dont ceux-ci font preuve. Sachant notamment que les supports médiatiques privés fonctionnels en ce moment dans le pays (radios et télévisions) appartiennent pour la plupart à des politiciens ou des personnalités influentes qui sont soit proches du pouvoir en place, soit membres actifs de l’opposition. Dans le premier cas comme dans l’autre, les journalistes semblent être la voix de leur maître dans l’exercice du métier. Les mauvaises langues pour ne pas dire les pires, diront même que des journalistes versent dans le mercenariat à l’instar de ces politiciens très habiles en matière de manipulation d’opinions mais aussi de retournement de veste selon le vent politique qui souffle...

Cela dit, il importe de distinguer les médias qui roulent pour le pouvoir de ceux de l’opposition. En effet, si les journalistes évoluant dans la presse pro-régime déploient tous les moyens possibles et imaginables pour maintenir en place les dirigeants qu’ils soutiennent corps et âme, ceux de l’opposition cherchent la moindre petite bête qui pourrait ternir et dénigrer l’image de ladite classe dirigeante. Ce qui pousse les observateurs de la vie publique à dire que les organes médiatiques contribuent parfois à attiser la haine entre les citoyens à travers, entre autres choses, leurs émissions et/ou analyses à caractère tendancieux…

 

A.D.