Published On:04-Jan-19

Christian Ntsay : Ordonne l’arrestation

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A la solde d’Andry Rajoelina, le Premier ministre Christian Ntsay semble s’être relevé le défi d’étouffer à tout prix le mouvement pour la vérité des urnes. Après avoir usé des forces de l’ordre, c’est à travers la Justice malgache qu’il veut manifester son abus de pouvoir à travers une plainte pour atteinte à la sûreté de l’Etat à l’endroit des partisans de Marc Ravalomanana.

La nouvelle est tombée comme un couperet hier en fin d’après-midi. Une plainte a été déposée par le Premier ministre Christian Ntsay en personne à Parquet à l’encontre de Harry Laurent Rahajason alias Rolly Merci, Fidèle Razarapiera, Eliane Bezara alias Ninie Donia, Fanirisoa Ernaivo, James Ratsima, Fernand Cello, et maître Hanitra Razafimanantsoa ainsi que l’opérateur économique Mbola Rajaonah. Comme l’histoire politique de Madagascar l’a prouvé à maintes et maintes reprises, « l’atteinte à la sûreté de l’Etat » a toujours été utilisée à des buts purement politiques. Une arme dont Christian Ntsay, à court de recours, n’a pas hésité à utiliser.

En s’attaquant directement aux leaders du mouvement de la vérité des urnes, Christian Ntsay veut, ni plus ni moins, étouffer les vérités relatives aux fraudes massives durant le second tour de la présidentielle. Par complicité ou par redevabilité à Andry Rajoelina de l’avoir nommé Premier ministre ? Le mystère reste entier. Car il est étonnant de savoir que le Premier ministre invoque l’atteinte à la sûreté de l’Etat alors qu’il a obtenu son siège grâce au mouvement de rue d’avril de l’année dernière. Faut-il rappeler qu’à travers ce mouvement, des députés ont réclamé la démission d’un président élu démocratiquement. A maître Hanitra Razafimanantsoa de rappeler. « Nous ne sommes pas au parvis pour effectuer un coup d’Etat mais pour exiger la vérité des urnes ». En d’autres termes, ce sont des personnes à travers cette manifestation qui n’ont fait que jouir de leur droit à la manifestation, à la liberté d’opinion et d’expression. Des valeurs fondamentales et quasi-mondiales qui ne signifient rien pour le Premier ministre Christian Ntsay et le parti auquel il a vendu son âme.

Abus de pouvoir

Alors que le clan Rajoelina n’est pas encore au pouvoir à ce jour, il use de tous les moyens de répression pour que la réalité politique lui soit favorable. Qu’on se le dise, depuis samedi dernier où les partisans de Ravalomanana ont assiégé la place du 13 Mai, il n’y a pas eu d’incident sauf au moment où les forces de l’ordre ont décidé d’intervenir sous l’ordre du Premier ministre. S’il y a eu une quelconque atteinte à la sûreté de l’Etat et à l’ordre public, c’est suite aux décisions tendancieuses du Premier ministre Christian Ntsay qui, à travers cette plainte, s’est érigé comme l’ennemi juré de la vérité. Aujourd’hui, c’est Mbola Rajaonah, Fidèle Razarapiera, James Ratsima, Fanirisoa Ernaivo, Hanitra Razafimanantsoa, Fernand Cello et Eliane Bezara qui sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’Etat pour avoir exprimé leur opinion. Des têtes loin d’être méconnues sur le plan politique. Si aujourd’hui Christian Ntsay peut manipuler la Justice de sorte à obéir aux règles d’Andry Nirina Rajoelina, qu’en serait-il le jour où ce dernier est réellement président ? La démocratie et la liberté d’expression seraient de l’histoire ancienne et personne ne serait plus à l’abri d’un emprisonnement arbitraire. On peut d’ores et déjà conjuguer la liberté de manifestation et d’opinion au passé composé.

Yanne Lomelle