Published On:03-Jan-19

Administration Ntsay : Usage abusif et éhonté de la force

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Nous revoilà en pleine crise ! Les fumées irritantes des bombes lacrymogènes lancées sur une foule, pourtant calme, dans le centre ville hier, en témoignent. Le fait en tout cas est que par l’usage abusif de la force, l’Administration a fait voler en éclat l’apaisement.

Rendez-vous manqué pour les « partisans de la vérité » hier sur le parvis de l’Hôtel de ville. En effet, malgré une affluence importante, les gens n’ont rien pu faire face aux hommes en armes, réquisitionnés par l’Administration Ntsay pour quadriller la place. Pour rappel, une nouvelle manifestation de revendication et de contestation électorale était prévue hier dans le centre-ville. Mais dès le petit matin, des éléments des forces de l’ordre réquisitionnés par le Premier ministre et le préfet d’Antananarivo se sont déployés dans les rues d’Analakely en verrouillant complètement par la même occasion le parvis de l’Hôtel de ville.

Vers 9h, les gens ont commencé à affluer. Mais devant l’impressionnante disposition de sécurité déployée, ils n’ont pas pu s’introduire dans l’ancienne place du 13 Mai. Les gens, de la sorte, se sont amassés devant l’IFM. Les leaders du mouvement, pour éviter tout débordement, ont pris l’initiative de négocier avec les responsables des forces de l’ordre, mais cela en vain. L’un des hauts gradés de l’EMMO-Reg présent sur place avait expliqué à Hanitra Razafimanantsoa et Fidèle Razarapiera que seul le préfet d’Antananarivo pouvait ordonner le retrait des éléments et permettre la manifestation.

Des blessés

Malgré cette opposition du responsable de la sécurité, les leaders du mouvement, déterminés et persuadés des fraudes électorales perpétrées par l’équipe du candidat n°13, ont continué les négociations. Les pourparlers ont duré plus d’une heure. Mais face à l’obstination des responsables, les leaders du mouvement se sont retirés pour revoir leur stratégie. Et c’est là que les forces de l’ordre, vers 11h40mn, ont lancé sans aucune sommation des grenades lacrymogènes sur une foule bien sage attendant vaillamment les consignes des meneurs. Les accrochages ont continué jusqu’en début de soirée hier. Point n’est plus à préciser les désagréments que cela a causé aux commerçants et riverains du centre-ville.

L’administration Ntsay, par un usage abusif et disproportionné des forces de l’ordre, a ainsi semé la pagaille dans le centre ville. Résultat, il y a eu des blessés. Trois, d’après nos informations, tous atteints de projectiles, peut être d’éclats de grenade. Ainsi donc, après les événements du 21 avril, le sang est de nouveau versé sur l’ancienne place du 13 Mai. Le sang des innocents qui n’ont rien fait que revendiquer la vérité sur le scrutin du 19 décembre passé. Il n’y a pas eu de casse ni de débordement et pourtant, l’Administration Ntsay a donné ordre de réprimer le mouvement par la force brutale des armes. Mis à part les blessés, il y a eu arrestation abusive d’au moins deux manifestants.

Responsables

Il va sans dire que le Premier ministre et son administration sont entièrement responsables de cette dégradation de la situation. Samedi, les gens ont pu entrer sans heurt sur le parvis de l’Hôtel de ville, mais par on ne sait quel revirement ou ordre visiblement politique, l’administration a décidé d’user de la force. Ce qui replonge le pays dans une nouvelle crise. C’est l’administration elle-même qui ne veut pas d’un apaisement au pays.

En tout cas, il est clair que le Premier ministre a la courte mémoire. Pour lui, le fait que c’est par la pression de la rue qu’il est devenu Premier ministre n’est plus qu’un lointain souvenir. Sans la sage décision du préfet, qui a fait en sorte que les manifestations sur le parvis de l’Hôtel de ville ne sont pas réprimées lors du mouvement du mois d’avril, Christian Ntsay n’aurait jamais pu devenir chef de l’administration.

                                                                                                                                                                                                 M.Tsiferana.